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11/08/2010 / ROYAUME-UNI / MATIÈRES PREMIÈRES
Interview : "Crédit Agricole CIB est convaincu que le trading carbone est en passe de devenir un marché mondial"
Ian Thomas, Trader - Emissions, et Albert Schootstra, Vente et origination - Emissions, présentent le trading carbone et le rôle de Crédit Agricole CIB dans ce domaine.
Quand Crédit Agricole CIB a-t-il commencé à s'intéresser aux transactions de trading carbone ?
Ian Thomas (IT) : Depuis 2005, année de la mise en œuvre du Système communautaire d’échange de quotas d’émission (EU-ETS). Toutefois, cette activité a véritablement pris son essor en 2008, avec le lancement de la Phase 2 de l’EU-ETS. Notre rôle est désormais significatif dans ce secteur car nous négocions des échanges pour le compte d’acteurs importants du marché des émissions de gaz à effet de serre, à l’instar d’entités souveraines, supranationales, financières et d’entreprises.Pourquoi avoir choisi de développer cette activité ?
IT : Dans un monde qui aspire à devenir de plus en plus vert, le Crédit Agricole doit s’impliquer dans les échanges d’émissions afin d’épauler ses différents pôles d’activités. Les secteurs clés concernés par l’EU-ETS sont l’énergie et le gaz, le pétrole, le bois et le papier, les métaux et la construction – des secteurs que Crédit Agricole CIB finance largement. Sans oublier qu’à partir de 2012, les avions traversant l’espace européen devront acheter des certificats d’émission. Dans les pays en développement, la possible création de certificats d’émission (réductions certifiées d’émissions) pèse lourd dans le financement de nouveaux processus industriels. La Banque intervient d’ailleurs beaucoup sur ce marché. Par exemple, nous finançons l’un des premiers projets de cette nature à Malana, en Inde.
Comment définiriez-vous en termes très simples la compensation carbone ?
Albert Schootstra (AS) : Il s’agit de réguler les émissions de gaz à effet de serre par le biais des quotas d’émission alloués aux entreprises. Si son quota ne lui suffit pas, une entreprise choisit la solution qui lui semble la mieux adaptée. Elle peut alors envisager d’acheter une tonne supplémentaire de CO2, mais si le coût de cette opération est supérieur aux investissements liés à la réduction d’émissions, elle préférera plutôt réduire ses émissions. L’Europe a établi un système de plafond unique grâce auquel le coût de réduction d’une tonne de CO2 pour les entreprises est désormais au plus bas. Ainsi, l’utilisation massive du vent comme source d’énergie en Scandinavie compense des méthodes de production plus polluantes ailleurs. Mécaniquement, le coût global diminue, et cette baisse bénéficiera à une entreprise espagnole soucieuse de compenser ses émissions.Quelles sont vos missions ?
AS : Mon rôle est de m’assurer que Crédit Agricole CIB étoffe son réseau de clientèle et d’expertise sur le marché du carbone. Je me concentre sur les clients de la Banque, mais j’interviens également en interne afin d’améliorer nos compétences et notre expertise. Crédit Agricole CIB est présent sur de nombreux secteurs concernés par la compensation carbone. Le potentiel est donc énorme.
IT : En tant qu’opérateur d’échanges d’émissions, mon rôle est d’estimer les risques pris par la Banque dans ce domaine et de garantir à notre clientèle l’accès à une connaissance complète du marché, ainsi qu’aux meilleurs prix.
Quelles sont les perspectives pour ce secteur d'activité ?
AS : A ce jour, l’EU-ETS est incontestablement le système le plus dynamique. Des pourparlers sont en cours pour obtenir un accord mondial sur une continuation du protocole de Kyoto, qui ne sera plus en vigueur après 2012. En Nouvelle-Zélande, en Corée, au Japon et même aux États-Unis, de nouvelles actions régionales ont débuté ou démarreront à court terme. Cependant, un accord mondial serait la meilleure solution. Crédit Agricole CIB est convaincu que la compensation carbone est en passe de devenir un marché mondial, promis à une pleine expansion. Les récents événements ont démontré que notre planète a un besoin vital de sources d’énergie durables. Et la compensation carbone est l’un des meilleurs outils dont nous disposons aujourd’hui.
- Quand Crédit Agricole CIB a-t-il commencé à s'intéresser aux transactions de trading carbone ?
- Pourquoi avoir choisi de développer cette activité ?
- Comment définiriez-vous en termes très simples la compensation carbone ?
- Quelles sont vos missions ?
- Quelles sont les perspectives pour ce secteur d'activité ?


