Brayan Lai, analyste crédit, a notamment déclaré : « Dans la mesure où les investisseurs anticipent sur le long terme une croissance en Asie supérieure à la croissance mondiale, où ils recherchent des rendements attractifs à court et moyen terme et où ils renforcent progressivement leurs positions sur l’Asie et les pays émergents, les marchés de crédit asiatiques devraient rester bien orientés, d’autant que la situation des banques, des sociétés financières et des véhicules de titrisation a considérablement évolué. Ceci devrait se traduire par un nouvel environnement mondial caractérisé par une baisse du niveau d’endettement, et donc par une moindre croissance des pays occidentaux, par la modification de la réglementation Bâle II, par de nouvelles exigences de fonds propres pour les banques et par une gestion des risques au niveau consolidé. Ce nouvel environnement de marché devrait s’accompagner de prises de risque plus rationnelles et de prix plus raisonnables. Les fondamentaux de crédit ne devraient sensiblement pas s’améliorer compte tenu du caractère anémique de la reprise, de l’abondance des liquidités, de taux d’intérêt proches de zéro dans les pays développés et de la perspective de nouvelles pertes de crédit pour les banques et autres véhicules financiers. Les marchés de crédit se sont donc substitués aux bailleurs de fonds traditionnels et continueront de combler le vide tout en continuant d’être attentifs au couple risque/rendement. »
Dilip Parameswaran, directeur exécutif Dette et marchés de crédit (Asie hors Japon) a quant à lui expliqué : « Depuis le début de l’année, les marchés de dette sont pratiquement revenus à la normale, que ce soit en termes de prix ou de volumes d’émission. L’amélioration est incontestable, qu’il s’agisse des émissions en euros, en dollars US ou des émissions de la région Asie-Pacifique libellées en dollars, en euros et en yens. La situation actuelle permet aux émetteurs de s’endetter à taux fixe à moyen et long terme à des taux très attractifs, quasiment au plus bas depuis dix ans. Ceci s’explique d’une part par le rendement des bons du Trésor américain, qui se situe pratiquement à son plus bas niveau en 40 ans, et d’autre part par la contraction des spreads de crédit, qui ont retrouvé leur niveau antérieur à la chute de Lehman. En outre, les marchés de crédit bénéficient actuellement d’une liquidité abondante, prête à financer une grande variété d’emprunteurs. Le moment semble donc particulièrement propice pour se présenter sur le marché, sachant que tout nouveau resserrement des spreads de crédit risque ensuite d’être effacé par la forte hausse du rendement des bons du Trésor américain. »