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Budapest Business Boat 2011 : "Crise de la zone euro : la Hongrie demeure-t-elle vulnérable ?"
Le 7 septembre, les clients de Crédit Agricole CIB en Hongrie ont embarqué à bord du "Zsófia" pour la quatrième édition du "Budapest Business Boat". A l'ordre du jour : l'analyse de Guillaume Tresca, stratégiste marchés émergents chez Crédit Agricole CIB, ainsi que celles de l'ambassadeur du Royaume-Uni en Hongrie et du conseiller économique de l'ambassade de France à Budapest. Ces derniers ont exprimé leurs points de vue sur les sujets suivants : le budget 2012, les conséquences du ralentissement de la croissance de l'économie allemande, l'éventualité d'un regain d'aversion au risque et l'importance liée à la capacité de la Hongrie à attirer les capitaux étrangers.
Les 200 participants ont été accueillis par Tamás Molontay, Senior Country Officer de Crédit Agricole CIB en Hongrie.
Le point de vue d'un spécialiste des marchés émergents
L’intervention de Guillaume Tresca, analyste spécialisé dans les marchés émergents, a débuté en ces termes : "La Hongrie est certes vulnérable à la dette et aux difficultés économiques de la zone euro, mais le gouvernement s’est engagé à remplir les objectifs de réduction des déficits et il y a une reconnaissance croissante, de la part des observateurs, des capacités du pays à mieux gérer la crise. La Hongrie n’est pas la Grèce."
Selon lui, les problèmes de la zone euro ont également montré que les décideurs politiques étaient capables de prendre les mesures nécessaires. De nouveaux outils ont été élaborés et il est possible que de nouvelles mesures soient prises. L’adoption de nouvelles mesures étant tout à fait envisageable d’un point de vue technique, il est peu probable qu’un rééchelonnement de la dette devienne nécessaire au sein de la zone euro. Cela étant, la Hongrie n’est pas à l’abri d’un effet ouzo en raison de l’anémie de sa demande intérieure, de son exposition au ralentissement européen et de l’endettement du système bancaire hongrois, des facteurs qui exposent la Hongrie à l’aversion au risque. Aujourd'hui, l’Allemagne semble provisoirement en perte de vitesse.
"Dans ce contexte, la note globale de la Hongrie et le rendement de ses obligations d’État pourraient être déterminés par sa politique interne et par les effets de facteurs extérieurs jusqu’à la fin de l’année 2012. Le budget 2012 et les débats parlementaires qu’il suscitera revêtent une importance majeure, de même que le niveau totalement imprévisible de l’aversion au risque" a conclu Guillaume Tresca.
Les analyses de l'ambassadeur du Royaume-Uni et du conseiller économique de l'ambassade de France
Après la présentation de Guillaume Tresca, l’ambassadeur du Royaume-Uni en Hongrie, Greg Dorey, a souligné que la sensibilité inhérente de l’économie hongroise aux exportations pouvait être envisagée non seulement comme un facteur de vulnérabilité, mais également comme une opportunité. "Ce qui est important dans ce contexte, c’est la façon dont le pays se prépare à la croissance qui fera suite à la crise, ainsi que sa capacité à attirer des investissements étrangers et des capitaux d’exploitation significatifs" a-t-il ajouté. Selon l’ambassadeur, la rhétorique négative à l’encontre des sociétés multinationales transmet un message négatif à l’étranger, de même que les changements de politique imprévisibles et l’absence relative de dialogue entre les pouvoirs publics et les entreprises. Ces facteurs, qui effraient déjà les investisseurs potentiels et n’incitent guère les investisseurs existants à réinvestir, portent préjudice à la compétitivité de la Hongrie à l’échelle régionale (comme en témoigne le dernier classement publié par le Forum économique mondial).
À l’instar de l’ambassadeur britannique, le conseiller économique français Jean-Claude Bernard a insisté sur la nécessité d’améliorer la compétitivité. Selon lui, les solides réformes menées par les pays baltiques et leurs taux actuels de 5 à 6 % de croissance économique annuelle montrent que les réformes douloureuses à court terme qui se traduisent par de réels changements structurels sont, en fait, extrêmement bénéfiques. "Les exportations des nouvelles usines automobiles, dont celle de Mercedes, et le développement de leur cercle de fournisseurs hongrois sont en mesure de compenser, à court terme, l’absence de la demande intérieure dans la croissance du PIBLe Produit Intérieur Brut (PIB) se définit comme la valeur de marché totale de l'ensemble de la production de biens et de services finaux dans un pays donné au cours d'une période donnée (généralement une année calendaire). Le PIB est l'une des principales mesures du revenu national et de la production de l'économie d'un pays donné. du pays l’an prochain. Ce modèle pourrait globalement être utilisé à l’avenir pour intégrer la Hongrie et ses PME au sein de l’économie européenne par le biais d’un afflux de capitaux d’exploitation. Mais pour cela, il faut que la capacité de la Hongrie à attirer des capitaux étrangers s’améliore" a-t-il ajouté.
Jean-Claude Bernard a conclu sa présentation en soulignant que la Hongrie devait impérativement lancer son programme de réformes structurelles afin de rétablir la confiance sur les marchés et d’améliorer sa compétitivité vis-à-vis de la Pologne et de la République tchèque.

